Santé et climat : action !






25 Juin 2015

Santé et changement climatique, c’est maintenant qu’il faut agir, selon le « Lancet » et l’University College de Londres.


On le sait, mais personne ne le fait. Pourtant, en terme de changement climatique, il y a urgence. Elle est réelle. Par ailleurs, c’est de cette urgence que débouchera la possibilité de réaliser des avancées majeures dans le domaine de la santé publique. C’est ainsi que s’est exprimé le Lancet, prestigieux journal médical anglais. Cette semaine, a été mis en ligne sur le site de la publication britannique, son rapport sur la santé et le changement climatique. Pour l’homme, l’enjeu est énorme. L’action quant à elle, doit être immédiate.
 
On doit ce rapport à une « équipe universitaire multidisciplinaire européenne et chinoise », rapporte Le Monde. Par ailleurs, pour ce faire, le journal britannique s’est associé avec l’UCL, l’University College de Londres, une des universités leader en terme de recherches. L'établissement abrite quant à lui, l’Institute for Global Health. Ensemble, ils ont créé une commission qui étudie d’une part, les dangers du changement climatique sur la santé, et propose des solutions d’autre part.
 
Dès 2009, les deux organismes s’étaient associés, dénonçant le changement climatique comme « la plus grande menace mondiale pour la santé publique au XXIème siècle », rapporte encore Le Monde. Le rapport, publié cette semaine, confirme ce constat : six ans plus tard, la Commission estime que « les effets du changement climatique sont déjà perceptibles aujourd’hui et les projections pour l’avenir représentent un risque potentiellement catastrophique d’une ampleur inacceptable pour la santé humaine ».
 
La menace est bien réelle. Pour y répondre, les auteurs de l’étude avancent des solutions politiques : « C’est pour cela que nous sommes allés au-delà de ce constat pour traiter des réponses politiques destinées à protéger et à favoriser la santé publique, par exemple en réduisant l’utilisation des émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation du charbon, en concevant des villes pour les gens et non pour les voitures, en favorisant les transports actifs », explique Nick Watts de l’Institute for Global Health, (UCL).
 
Aujourd’hui, sont prouvés les effets comme « l’accroissement du stress thermique (accumulation de chaleur dans l’organisme), les inondations, la sécheresse et l’augmentation des événements extrêmes comme les tempêtes. Mais s’y ajoutent ses effets indirects, tels la pollution de l’air, l’extension des maladies transmises par des vecteurs (moustiques...), les déplacements de populations et les pathologies mentales comme le stress post-traumatique que provoquent les événements climatiques extrêmes », cite Le Monde.
 
Si les effets sont désormais établis, il est vital d’agir. Pour Agnès Lefranc, directrice du département santé environnement de l’Institut de veille sanitaire, l’InVS : « Agir, cela signifie à la fois limiter les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi s’adapter au changement climatique déjà accompli du fait des émissions passées (…) Si nous agissons maintenant, nous pourrons reprendre le contrôle sur le changement climatique et si nous prenons les bonnes mesures, nous obtiendrons des co-bénéfices. Par exemple en diminuant les émissions de gaz à effet de serre, nous réduirons également les autres polluants comme les particules et les oxydes d’azote. La promotion des combustibles propres pour le chauffage et la cuisine dans les pays en développement diminuera la pollution de l’air intérieur. » La tribune du Lancet introduisant le rapport, incite fortement les gouvernements du monde entier à passer à la vitesse supérieure. C’est à dire à l’action. C'est à dire aussi, d'arrêter de se contenter de beaux discours, notamment, aux États-Unis où subsiste un nombre important de climat sceptiques.