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Une enquête ouverte sur les « coffee shops » à la française





Le parquet de Paris a confié l’enquête à la brigade des stupéfiants. Agnès Buzyn affirme de son côté vouloir fermer ces boutiques d’ici quelques mois.


A l’origine de la polémique : des « coffee shops » à la française. A Paris, ils sont désormais quelques points de vente à distribuer du cannabis à 0,2% de THC (la molécule du cannabis qui est psychoactive) tandis qu’au marché noir ce taux est 100 fois plus élevé. Ces boutiques vendent en revanche du cannabis contenant du CBD (une molécule aux propriétés relaxantes), et c’est là que le bât blesse. Présente-t-il un danger pour la santé des consommateurs ?
 
La ministre de la santé, invitée à s’exprimer sur le sujet, avait alors déclaré : « On n'est pas en train de lutter comme des fous pour que les Français arrêtent de fumer, pour qu'ils se mettent à fumer du cannabis ! » (sic)
 
Il faut dire que les jeunes Français sont les champions de la consommation de cannabis en Europe, avec 22% de fumeurs chez les 15-34 ans. Certains, tels des chasseurs de tendance, l’ont bien compris : le commerce est florissant et les perspectives du marché, exponentielles.
 
Il n’en fallut pas davantage pour provoquer l’ire de la ministre, bien qu’elle tempère son propos : « Aujourd'hui toute vente de cannabis à usage récréatif lorsqu'il contient du THC, quelle que soit la dose, est normalement condamnable. Mais c'est vrai que la législation sur les 0,2% peut être un peu floue ».
 
Joaquim Lousquy, le fondateur de Cofyshop, admet pour sa part « ne pas blâmer le gouvernement ». « Ça leur fait peut-être peur effectivement, après c'est justifié, et puis nous on vend un produit avec 20% de TVA, explique-t-il, serein. Je pense que c'est un bon point et on souhaite faire avancer les choses dans ce sens, que le gouvernement nous pose un cadre. Même si demain il veut nous taxer notre produit à 50%, il n'y a pas de souci, s'il veut nous fermer, on fermera. »
 
Le fondateur de l’enseigne n’en est pas à son premier coup d’éclat. Au mois de mars dernier, il était au cœur d’une polémique soulevée par l’ouverture d’une maison close (XDolls) « animée » par des poupées sexuelles. Le jeune entrepreneur est-il maître provocateur, ou futur gourou du business de l’évasion ?


Marc-Antoine François