Une taxe de 5% sur le télétravail après la crise ?






13 Novembre 2020

Les chercheurs de Deutsche Bank ont publié, mardi 10 novembre 2020, une recherche visant à étudier les possibles évolutions de taxes post-Covid-19. Une étude qui cible, en l’occurrence, le télétravail, annoncé comme une évolution majeure du monde de l’emploi et qui pourrait se pérenniser dans les années à venir. Objectif : redistribuer les gains liés aux télétravail dont bénéficient des salariés bien payés.


Le télétravail permet de faire des économies

Pixabay/alterfines
Luke Templeman, stratégiste thématique chez Deutsche Bank à l’origine de cette étude, part du principe que le télétravail se généralisera et pérennisera après la crise de la Covid-19. Selon un sondage mené par la banque allemande, plus de 50% des salariés en télétravail aimeraient en effet continuer de profiter du travail en distanciel quelques jours par semaine.

Sauf que ce télétravail risque d’augmenter les inégalités car il permet de faire des économies : moins de trajets domicile-travail, moins de repas à l’extérieur et même moins de dépenses de vêtements ou autres. Des économies qui ne bénéficieraient qu’à une partie déjà aisée de salariés, le télétravail n’étant généralement réservé qu’à des postes à responsabilités, donc des cadres et cadres supérieurs.

Redistribuer les économies avec une taxe

Pour le chercheur, il faudrait donc redistribuer ces économies. Et pour ce faire, il propose une taxe de 5% sur le télétravail, payée par les salariés touchant plus d’un certain salaire annuel. Pour l’Allemagne, par exemple, il fixe ce seuil à 40.000 euros par an. Une taxe de 5% reviendrait à leur faire payer moins de 9 euros par jour (soit moins de 300 euros par mois) mais permettrait de recueillir la coquette somme de 15,9 milliards d’euros par an.

Outre être un levier pour financer la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19, ces sommes pourraient permettre de relever les salaires des travailleurs plus pauvres, ceux qui ne peuvent pas bénéficier du télétravail (ouvriers, caissiers…). Selon les calculs de Luke Templeton, cette mesure permettrait de distribuer 1.500 euros par an aux 12% de salariés allemands qui touchent moins de 12.600 euros par an.