Blocages lycéens : l’absurdité d’un mouvement qui réclame ce qu’il détruit

Les blocages lycéens reprennent ce 2 novembre 2026 malgré les annonces gouvernementales. Pourtant, le mouvement s’enferre dans des contradictions flagrantes : réclamer des enseignants tout en les agressant, demander la rénovation de bâtiments qu’on dégrade, se plaindre de sélection malgré un niveau académique en chute libre.

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Blocages lycéens : l’absurdité d’un mouvement qui réclame ce qu’il détruit © www.nlto.fr

Les lycéens réclament plus d’enseignants. Ils en agressent. Ils demandent la rénovation des bâtiments. Ils les dégradent. Ils se plaignent de la sélection à Parcoursup. Leur niveau n’a jamais été aussi faible. Comment prendre au sérieux un mouvement construit sur des contradictions aussi évidentes ? Dès ce lundi 2 novembre 2026, les blocages reprennent dans plusieurs lycées franciliens et en province, malgré les annonces gouvernementales du 26 octobre. Voltaire, Charlemagne, Turgot à Paris, des établissements à Caen, Marseille, Toulouse : partout, la même ritournelle d’un mouvement qui s’enferre dans ses propres incohérences.

Comment réclamer des profs tout en les agressant ?

Premier paradoxe : les lycéens manifestent pour obtenir davantage d’enseignants. Leur revendication phare porte sur le recrutement massif de professeurs pour pallier les postes vacants. Pourtant, les agressions contre les enseignants se multiplient dans les établissements français. Insultes, menaces, violences physiques : le quotidien de nombreux professeurs s’apparente à un parcours du combattant. Comment exiger plus de personnel éducatif quand on traite celui déjà en poste avec un tel mépris ? Les syndicats enseignants recensent plusieurs centaines d’incidents par an, mais les organisations lycéennes préfèrent ignorer cette réalité embarrassante. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, rappelle sur France Inter que « la priorité absolue, c’est que les élèves puissent aller en cours ». Difficile en effet d’imaginer des vocations professorales naître dans un tel climat. Les lycéens veulent des enseignants : qu’ils commencent par respecter ceux qui acceptent encore de leur faire face.

Dégradations de bâtiments : les lycéens cassent ce qu’ils demandent qu’on rénove

Deuxième incohérence majeure : la rénovation des infrastructures scolaires figure parmi les principales doléances. Les établissements vétustes, les toilettes insalubres, les salles délabrées : autant de griefs légitimes. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé un plan de 5 milliards d’euros pour rénover lycées et universités. Mais qui dégrade ces bâtiments au quotidien ? Les blocages s’accompagnent régulièrement de dégradations : tags sur les murs, mobilier saccagé, équipements vandalisés. À Caen, trois drones ont été mobilisés pour anticiper les débordements. Les chefs d’établissement témoignent : chaque mouvement social laisse des traces matérielles coûteuses. Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat ID-FO, confie que « personne ne sait à quoi s’attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive ». Réclamer des rénovations tout en participant activement à la détérioration des locaux relève d’une logique difficilement compréhensible. Les contribuables financent déjà l’entretien : pourquoi devraient-ils payer deux fois ?

Plainte sur la sélection Parcoursup : quelle légitimité avec un niveau académique en chute libre ?

Troisième contradiction : la refonte de Parcoursup constitue l’une des exigences centrales du mouvement. Les lycéens dénoncent une sélection injuste, des algorithmes opaques, un système anxiogène. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, reconnaît pourtant que le baccalauréat a été « donné trop généreusement » ces dernières années. Avec des taux de réussite frôlant 90%, le diplôme a perdu toute valeur discriminante. Le niveau académique moyen s’effondre : les universités déplorent des premières années incapables de rédiger correctement, de maîtriser les fondamentaux mathématiques ou de synthétiser un texte simple. Parcoursup sélectionne ? Peut-être faudrait-il d’abord mériter cette sélection en travaillant davantage. Les lycéens qui manifestent sont-ils vraiment ceux qui excellent en classe ? Les chiffres suggèrent le contraire. Réclamer l’accès à toutes les filières sans effort préalable relève d’une mentalité d’assistanat intellectuel. L’excellence universitaire ne se décrète pas, elle se construit par le travail.

Classes moins chargées ? Les lycéens manquent déjà les cours

Quatrième paradoxe : les manifestants exigent des classes plafonnées à 28 élèves en seconde, mesure d’ailleurs annoncée par le gouvernement le 26 octobre. Mais combien d’entre eux assistent réellement aux cours ? Depuis la rentrée du 2 novembre, des dizaines d’établissements basculent en enseignement à distance. Au lycée Hélène-Boucher, les visioconférences remplacent les cours en présentiel. L’absentéisme chronique touche particulièrement les établissements en difficulté, ceux-là mêmes d’où partent les appels au blocage. Réclamer des effectifs réduits quand on sèche systématiquement les cours relève de la mauvaise foi. Les 160 lycées franciliens fermés lors des précédentes journées de mobilisation ont privé des milliers d’élèves désireux d’apprendre de leur droit à l’éducation. Les grévistes se posent en victimes du système, mais ce sont eux qui pénalisent leurs camarades studieux. La continuité pédagogique souffre moins du nombre d’élèves par classe que de l’attitude de ceux qui refusent d’y assister.

La vraie question : un mouvement de gauche, pas un mouvement pour l’école

Cinquième et dernière observation : ce mouvement lycéen n’a rien de spontané ni d’apolitique. L’Union syndicale lycéenne (USL) et Les Lycéens !, organisations à la manœuvre, affichent ouvertement leur proximité avec la gauche radicale. Ryad Rani et Pierre Sourzat, leurs présidents respectifs, orchestrent une stratégie rodée : assemblées générales le lundi, blocages dès le mardi. La convergence prévue le 5 novembre avec la grève interprofessionnelle (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) révèle la vraie nature du mouvement. Il ne s’agit pas de défendre l’école républicaine, mais de servir d’outil de contestation politique contre le gouvernement. Les profils des meneurs ? Souvent issus de quartiers acquis à la gauche, parfois de l’immigration, toujours prompts à récupérer toute cause pour nourrir une idéologie victimaire. Les réseaux militants coordonnent les actions, diffusent les mots d’ordre, encadrent les jeunes manifestants. L’école sert de prétexte, la politique constitue l’objectif réel. Les lycéens sincères, ceux qui croient vraiment améliorer leurs conditions d’étude, servent de chair à canon à des organisations qui les manipulent.

Face à ces contradictions béantes, le mouvement lycéen peine à convaincre au-delà de ses rangs militants. Les parents d’élèves, notamment à Marseille, expriment leur exaspération devant des blocages qui privent leurs enfants de cours. L’entourage d’Emmanuel Macron résume : « Le temps d’un retour en classe est venu ». Difficile de lui donner tort quand on observe l’absurdité d’un mouvement qui scie la branche sur laquelle il prétend s’asseoir. Réclamer ce qu’on détruit, exiger ce qu’on refuse, dénoncer ce qu’on provoque : telle est la logique bancale d’une mobilisation vouée à l’échec, faute de cohérence minimale.

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