Donald Trump a trouvé son prix : du diesel russe et une place aux côtés de Poutine. Le Wall Street Journal révèle un marchandage audacieux : lors de son appel du 9 octobre, Trump a accepté d’acheter du carburant russe, d’alléger les sanctions et de discuter de l’avenir de l’Ukraine sans Zelenskyy. Pendant ce temps, l’administration limite l’accès de Kyiv à Starlink, transformant son allié en partenaire entravé.
Accord russo-américain : l’Ukraine sacrifiée pour du carburant
L’appel téléphonique du 9 octobre 2026 entre Trump et Poutine marque un tournant. Ce jour-là, le président américain accepte deux propositions russes : acheter du diesel russe pour les marchés mondiaux et organiser un sommet tripartite avec Xi Jinping pour décider du sort de l’Ukraine, sans Volodymyr Zelenskyy. D’après le Wall Street Journal, Poutine obtient ces concessions majeures en une seule conversation. Le président ukrainien apprend la nouvelle par la presse internationale. Washington négocie l’avenir d’un pays souverain sans consulter ses dirigeants. La diplomatie transactionnelle atteint son apogée : Poutine vend du carburant, Trump acquiert la légitimité d’imposer une paix favorable à Moscou.
Le 16 octobre, Trump signe un décret suspendant nouvelles sanctions contre la Russie, bloquant un projet de loi bipartite mené par le sénateur Lindsey Graham. Trois jours plus tard, un second décret formalise l’accord sur le diesel russe, avec une licence générale temporaire du Trésor américain valide jusqu’en avril 2027. L’Institute for the Study of War critique ouvertement : « Le décret exécutif de Trump ne soutient pas ses objectifs déclarés de mettre fin à la guerre en Ukraine et permettra à la Russie de continuer à financer et prolonger la guerre sans incitation réelle à négocier la paix ». Simultanément, des fintechs contournent les sanctions existantes, révélant la porosité du dispositif américain. Washington normalise l’agresseur alors que Kyiv a besoin d’un soutien accru.
Zelenskyy écarté, Trump négocie : un scénario redouté
Le sommet pourrait se tenir les 18 et 19 novembre 2026, en marge de l’APEC à Shenzhen, en Chine. Trois dirigeants discuteraient du conflit ukrainien : Trump, Poutine et Xi Jinping. Trois hommes pour décider du sort de 40 millions d’Ukrainiens. Bien que le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, ait nuancé les attentes en disant qu’il n’y a pas de compréhension claire concernant la réunion ou son agenda, le signal politique est clair : Moscou impose son format de négociation, Washington l’accepte, Pékin joue les médiateurs, et Kyiv observe impuissant. Les conseillers influents américains semblent avoir persuadé Trump qu’un accord rapide est préférable à une victoire ukrainienne.
Volodymyr Zelenskyy résume l’absurdité de la situation dans une déclaration à Bloomberg : « Je ne dis pas que c’est le but que poursuivent nos partenaires. Je ne veux pas croire que nos partenaires américains pensent que la guerre contre la Russie pourrait se terminer plus tôt aux dépens de l’Ukraine. Mais c’est l’impression que cela donne ». Après quatre ans de conflit, Washington négocie sans consulter la partie principale concernée. Le précédent est dangereux : demain, n’importe quelle puissance pourrait envahir un voisin, sachant que les grandes puissances négocieront directement entre elles. Le droit international devient une variable d’ajustement dans les calculs géopolitiques de Trump.
Starlink restreint, Ukraine isolée : une stratégie isolationniste
L’administration Trump a imposé des restrictions sur les réseaux Starshield militarisés utilisés par l’Ukraine pour coordonner ses forces. Les nouvelles limitations concernent les plateformes se déplaçant à plus de 160 kilomètres par heure, comme les drones intercepteurs. Concrètement, l’Ukraine perd une capacité opérationnelle critique alors qu’elle lance des frappes massives : plus de 1 000 drones ont visé un terminal d’exportation pétrolière et une raffinerie à Saint-Pétersbourg lors du dernier week-end. Elon Musk, PDG de SpaceX, contrôle désormais un levier stratégique majeur du conflit. Washington enchaîne son allié technologiquement, puis le prive de voix diplomatique. Trump veut un accord rapide, peu importe les conditions imposées à Kyiv.
Le décret exécutif du 18 octobre 2026 marque l’officialisation du revirement américain. En suspendant les sanctions issues du projet de loi bipartite, Trump envoie un message clair à Moscou : les États-Unis privilégient la négociation commerciale à la pression économique. Le « cessez-le-feu énergétique » annoncé le 11 octobre, qui avait conduit l’Ukraine à suspendre ses frappes pendant trois jours, s’inscrit dans la même logique. Washington demande à Kyiv de modérer ses actions militaires pendant que Moscou renforce ses positions diplomatiques et économiques. Le double standard atteint des sommets : l’agresseur bénéficie d’allègements de sanctions, l’agressé subit des restrictions technologiques et diplomatiques. Le Jerusalem Post souligne que Poutine joue sur plusieurs tableaux simultanément, obtenant des concessions économiques tout en consolidant son influence géopolitique.








