Le gouvernement a récemment révélé une réalité troublante : 32 % du budget de l’Éducation nationale est consacré aux retraites des fonctionnaires. Tandis que les infrastructures scolaires souffrent, une génération de retraités prospères monopolise des ressources publiques considérables, illustrant une profonde injustice intergénérationnelle.
28,5 milliards pour les retraites, peu pour l’éducation
Le 13 octobre 2026, une annexe budgétaire publiée par Bercy dévoile que sur les 89,1 milliards d’euros alloués à l’Éducation nationale pour 2027, 28,5 milliards sont destinés aux pensions des anciens enseignants, soit un tiers du budget. Selon Capital, le ministère de l’Intérieur subit une situation similaire avec 30 % de ses crédits alloués aux retraites. David Amiel, ministre des Comptes publics, souligne que ces crédits ne financent pas les services publics. Les dépenses de retraite, dépassant 400 milliards d’euros annuels, représentent 14 % du PIB français et 24,4 % des dépenses publiques en 2024, contre 21,8 % en 2002. Depuis 50 ans, 80 % de l’augmentation des dépenses publiques ont été dirigés vers les retraites et la santé, laissant l’éducation avec les miettes.
Malgré ces dépenses, les établissements scolaires se dégradent. Les toitures qui fuient, les sanitaires insalubres et les classes surchargées reflètent un quotidien difficile pour les élèves français. Les enseignants désertent un métier devenu ingrat, entraînant une pénurie chronique et une chute du niveau d’enseignement. L’effet d’éviction budgétaire résulte d’un choix politique : financer le passé au détriment de l’avenir. David Amiel a déclaré à l’Assemblée nationale que les enfants et les jeunes, peu enclins à voter, sont souvent négligés.
Retraités aisés, jeunes endettés
Les retraités français forment la catégorie sociale la moins touchée par la pauvreté, avec un taux de propriété immobilière élevé et une épargne record. Malgré cela, ils absorbent 400 milliards d’euros de dépenses publiques annuelles. En contraste, les jeunes subissent précarité et dette, enchaînant CDD, stages sous-payés et loyers élevés. Ils cotisent davantage pour des pensions qu’ils ne percevront jamais au même niveau. Ce déséquilibre budgétaire global est accentué par l’augmentation des dépenses de santé.
Le système actuel, qualifié de pyramide de Ponzi légale, verse aux retraités des pensions deux fois supérieures aux cotisations versées. En 2025, l’État a comblé le déficit des retraites des fonctionnaires avec 43 milliards d’euros, soit 10 % de son budget total. La surcotisation des employeurs pour les fonctionnaires civils s’élève à 82,26 % en 2026, contre 17 % dans le privé. David Amiel dénonce ce système comme une « machine infernale ».
Un cotisant pour un retraité en 2070 : un avenir incertain
Le ratio de cotisants pour un retraité dans la fonction publique s’est effondré, passant de plus de 4 en 1990 à 1,8 en 2025. Le déficit des retraites atteignait déjà 5,1 milliards d’euros en 2025 et pourrait s’aggraver sans nouvelles mesures. BFM TV explique que cette trajectoire pourrait entraîner un déficit public de 6,8 % du PIB en 2030.
L’État injecte chaque année des milliards pour masquer l’échec du système, comme en témoigne le déboursement de 43 milliards d’euros en 2025 pour équilibrer les comptes des retraites publiques. Cet argent, provenant de l’impôt et de la dette, pèse sur les générations futures. Atlantico révèle que 125 milliards d’euros seront nécessaires d’ici 2032 pour stabiliser le ratio de dette sur PIB. Le candidat David Lisnard critique ce « détournement des moyens » et propose d’introduire une part de capitalisation, tandis que le député Pierre Cazeneuve appelle à une « indignation collective ». Au-delà des discours politiques, la question centrale reste : combien de temps encore une génération pourra-t-elle vivre aux dépens de la suivante sans provoquer une révolte générationnelle ?
Le débat sur les retraites ne se limite plus à des ajustements techniques mais reflète un choix de société : privilégier une population économiquement favorisée ou investir dans l’éducation et l’avenir. Cette décision façonnera la France de demain.








