Démocratie directe, référendum d’initiative citoyenne, élus révocables, remise en cause du fonctionnement de la Ve République : Juan Branco veut placer la transformation des institutions au cœur de sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Portée par le mouvement Les Ruches, sa démarche revendique plus de 300 propositions réunies autour du projet « La Voie ». Mais les éléments rendus publics et recensés à ce stade permettent surtout d’en identifier le pilier institutionnel : rendre directement aux citoyens une partie beaucoup plus importante du pouvoir politique.
Une candidature construite autour de la démocratie directe
Juan Branco a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 le 19 décembre 2025. Avocat, docteur en droit et essayiste, il porte sa candidature avec Les Ruches, un mouvement citoyen qui se présente comme organisé en cellules locales, sans parti et sans chef. Sa démarche se situe ainsi volontairement en dehors des organisations politiques traditionnelles. Juan Branco ne participe notamment à aucune des deux primaires organisées à gauche en vue de la présidentielle.
Le cœur de son projet repose sur une transformation du fonctionnement institutionnel français. Selon la présentation de son programme, le changement de régime politique constitue la condition préalable aux autres réformes. L’idée défendue consiste à modifier la manière dont le pouvoir est exercé avant même de déterminer l’ensemble des politiques publiques qui devront être conduites. Cette orientation conduit Juan Branco et Les Ruches à remettre directement en cause le fonctionnement actuel de la Ve République et la concentration du pouvoir autour de la fonction présidentielle.
La principale proposition avancée est l’instauration d’une démocratie directe inspirée du modèle suisse. Elle passerait notamment par un recours systématique au référendum d’initiative citoyenne. L’objectif affiché est de permettre aux citoyens d’intervenir beaucoup plus directement dans la décision publique plutôt que de limiter leur participation politique aux grandes échéances électorales. Le référendum devient ainsi l’un des instruments centraux du projet institutionnel porté par Juan Branco.
Des élus qui pourraient être révoqués
Cette conception de la démocratie s’accompagne d’une autre proposition particulièrement structurante : le mandat impératif et révocable. Dans le système envisagé, un élu qui ne respecterait pas ses engagements pourrait être destitué. La logique rompt avec le principe actuel du mandat représentatif, dans lequel les élus disposent d’une autonomie dans l’exercice de leur mandat. Pour Juan Branco et son mouvement, la responsabilité politique doit au contraire pouvoir être exercée directement par les citoyens pendant la durée du mandat.
Le projet revendique plus largement plus de 300 propositions regroupées autour de « La Voie ». Il faut cependant rester prudent sur leur contenu précis. Les sources publiques recensées dans la fiche consacrée au candidat détaillent principalement les propositions institutionnelles. Il serait donc prématuré d’attribuer à Juan Branco un programme présidentiel complet et précisément arrêté sur l’ensemble des sujets économiques, sociaux, diplomatiques ou de défense sur la seule base des informations actuellement disponibles.
L’organisation même des Ruches est présentée comme devant refléter cette conception du pouvoir. Le mouvement revendique une structure décentralisée organisée en cellules locales, sans fonctionnement partisan traditionnel. Il affirme également être financé exclusivement par les citoyens, sans contribution de partis politiques ni de grandes fortunes. La candidature présidentielle est ainsi présentée moins comme une finalité que comme un instrument permettant de porter un projet de transformation politique.
Ve République, partis, médias : une critique du système de pouvoir
Le projet de Juan Branco repose également sur une critique plus générale de la concentration du pouvoir politique. La fiche consacrée au candidat rattache cette orientation aux thèmes qu’il développe depuis plusieurs années, notamment dans son ouvrage Crépuscule. Elle mentionne une critique de la proximité entre certaines élites politiques, économiques et médiatiques et situe Juan Branco dans une gauche radicale revendiquant une démarche révolutionnaire tout en restant extérieure aux organisations politiques existantes.
Cette critique concerne directement les partis politiques. Le fonctionnement partisan traditionnel est rejeté en tant que mécanisme de sélection du personnel dirigeant. Les Ruches entendent lui substituer une organisation reposant sur des cellules locales et sur une participation directe des citoyens. Le mouvement développe parallèlement un travail présenté comme relevant de l’éducation politique, à travers une bibliothèque de textes, de vidéos et de documents consacrés à l’analyse des mécanismes du pouvoir.
La concentration des médias entre les mains d’un nombre limité de groupes privés fait également partie des phénomènes explicitement critiqués dans les orientations recensées. À cela s’ajoute une volonté de renforcer la transparence concernant les liens d’intérêts des responsables publics. Ces différents éléments dessinent une même logique : réduire la concentration du pouvoir et accroître les possibilités de contrôle exercées directement par les citoyens sur leurs représentants et sur le fonctionnement des institutions.
À ce stade, la candidature de Juan Branco reste cependant confrontée à une première étape déterminante : l’obtention des 500 parrainages d’élus nécessaires pour participer à l’élection présidentielle. Les Ruches présentent elles-mêmes cette question comme le premier verrou à franchir. Son projet revendique plus de 300 propositions, mais les informations publiques disponibles permettent surtout d’en mesurer aujourd’hui l’ambition institutionnelle. Plus qu’une série de réformes sectorielles, le projet présenté place pour l’instant une question au centre de la présidentielle : qui doit exercer le pouvoir et comment les citoyens peuvent-ils le reprendre lorsqu’ils estiment que leurs représentants ne respectent plus leurs engagements ?








