Consommation : l’industrie peut remplacer l’huile de tournesol sans prévenir






26 Avril 2022

Les consommateurs vont devoir faire très attention : les produits qu’ils vont acheter dans les mois à venir pourraient bien ne pas correspondre à la recette indiquée sur la boîte. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a validé une dérogation spéciale pour les industriels face à la pénurie d’huile de tournesol.


L’huile de tournesol manque, l’industrie va pouvoir la remplacer

Pixabay/Didgeman
Tout consommateur qui a fait les courses depuis quelques semaines l’a remarqué : les rayons de l’huile sont vides. L’huile de tournesol est en effet la première victime de la guerre en Ukraine, une pénurie qui frappe les consommateurs finaux comme les professionnels de la restauration et l’industrie agroalimentaire. Cette dernière va toutefois pouvoir trouver des solutions.

Dans un avis publié sur son site le 26 avril 2022, la DGCCRF dévoile une dérogation temporaire à la loi en vigueur : les industriels pourront remplacer l’huile de tournesol par tout produit qu’ils jugeront utile, et ce sans devoir informer les consommateurs. Du moins, ils doivent demander une dérogation et une liste sera disponible sur Internet, mais aucun changement d’étiquetage n’est rendu obligatoire.

Les associations de consommateurs n’ont pas été écoutées

Afin de remplacer l’huile de tournesol, les industriels devront déposer une demande auprès de la DGCCRF qui accordera une dérogation pour six mois, avec un réexamen au bout de trois mois. La liste des produits concernés sera disponible sur le site officiel de la DGCCRF tandis que les industriels devront, sous deux mois après la demande, placer la mention « DEROG » sur leurs emballages.

Les associations de consommateurs, de leur côté, avaient demandé que soient placés sur les emballages l’ensemble des changements d’ingrédients, afin que le consommateur puisse choisir en connaissance de cause. Mais le gouvernement en aura décidé autrement.

Toutefois, cette dérogation ne concerne ni les produits allergènes présents dans la liste européenne ni les produits issus d’OGM. Les industriels devront, dans ce cas, bien mentionner leur présence afin d’éviter tout risque pour la santé.