Immobilier : les acheteurs vont-ils retrouver le pouvoir de négocier ?






9 Aout 2022

Entre inflation élevée, hausse des taux directeurs, hausse des taux des crédits et, bien évidemment, incertitude au niveau mondial, le marché de l’immobilier risque de connaître un ralentissement durant le deuxième semestre 2022. C’est en tout cas ce à quoi s’attendent les banques, et ça pourrait être une aubaine pour les acheteurs qui resteront dans la course.


Vers un freinage dans le marché immobilier ?

Du côté de la production de crédits immobiliers, le premier semestre 2022 a été porteur. Selon les données de la Banque de France, plus de 23 milliards d’euros de nouveaux crédits ont été débloqués et accordés chaque mois entre janvier 2022 et mai 2022. Le cinquième mois de l’année a même approché les 27 milliards d’euros de nouveaux crédits grâce à la volonté des ménages de clore leurs dossiers et leurs projets en profitant encore des taux d’intérêts bas.

Car ceux-ci se sont envolés : alors qu’en moyenne, un crédit immobilier affichait un taux de 1,07% (et même moins de 1% pour les meilleurs profils) en janvier 2022, il a atteint 1,34% fin juin 2022. Et la hausse se poursuit à 1,68% en juillet 2022 en moyenne selon les premières estimations. D’ailleurs, le ralentissement a été net dès juin 2022 (22,7 milliards de nouveaux crédits) et clair en juillet 2022 (21,6 milliards).

Moins d’acheteurs donc plus de possibilité de négocier

Les acheteurs sont de plus en plus en difficultés : la hausse des taux des crédits cumulée à un taux d’usure trop bas conduit au refus de nombreux dossiers. Seule solution pour les ménages : baisser les montants empruntés, que ce soit en révisant le projet ou en augmentant l’apport. Sauf que pour les primo-accédants et les ménages modestes, ça peut rapidement devenir impossible. Et, de fait, le projet ne peut qu’être abandonné.

Le marché de l’immobilier, très dynamique depuis des années, pourrait connaître un coup d’arrêt : moins d’acheteurs avec moins de budget, voilà qui va rendre les ventes compliquées. Les vendeurs, qui avaient jusque-là le pouvoir de refuser certaines offres espérant obtenir mieux, vont devoir s’y faire : la négociation redeviendra la norme. Refuser une offre alors que le nombre d’acheteurs sur le marché baisse, c’est en effet risquer de ne pas réussir à vendre...