Porno : le sénat dénonce une industrie « prédatrice »






28 Septembre 2022

Pour la première fois, un rapport d'information du Sénat s’attaque à l’enfer de l’industrie du X, et à la porosité avérée entre proxénétisme, prostitution et pornographie.


Porosité entre proxénétisme, prostitution et pornographie

En France, deux tiers des moins de 15 ans ont déjà visionné des images pornographiques. (Crédit : Pixabay)
C’est un tweet de la sénatrice Laurence Cohen qui résume tout : « Nous sommes quatre sénatrices de sensibilités politiques différentes, ensemble, nous avons obtenu un consensus exigeant contre les violences systémiques de l’industrie du porno. Les témoignages des victimes nous obligent, nous ne pouvons plus fermer les yeux ». Ensemble, les sénatrices Alexandra Borchio-Fontimp (LR), Laurence Cohen (PC), Laurence Rossignol (PS) et Annick Billon (UDI) ont présenté un rapport inédit.

Il décrypte en 150 pages la face cachée des pratiques de l'industrie pornographique en France. Pour le rédiger, ces sénatrices ont reçu des mois durant à huis clos, parfois aux frontières du supportable, les témoignages parfois éprouvants de professionnels du secteur du X : acteurs et actrices, avocats, journalistes, médecins, policiers et producteurs. Le postulat de départ s’est hélas vérifié : la porosité entre proxénétisme, prostitution et pornographie est un fait établi.

Comment bloquer l'accès aux mineurs ?

Comme le rappelle ce rapport, les contenus à caractère pornographique largement diffusés et disponibles en ligne façonnent l’imaginaire d’une jeunesse dont c’est le premier point de contact avec la sexualité. Les stéréotypes véhiculés par ces contenus génèrent clairement des « violences systémiques envers les femmes ». Toujours selon ce rapport, 90% des scènes pornographiques charrient des stéréotypes « misogynes, racistes, lesbophobes et hypersexualisés et comportent de la violence physique et verbale ».

Face à la déferlante actuelle du porno, notamment rendue possible par la démocratisation de l’usage des smartphones y compris par les plus jeunes, les sénatrices ont formulé une vingtaine de recommandations. La question cruciale demeure celle de l’accès des mineurs à la pornographie. En effet, en France, les deux tiers des moins de 15 ans ont déjà visionné des images pornographiques et 2,3 millions de jeunes de moins de 18 ans en visionneraient tous les mois. Il devient urgent que les diffuseurs contrôlent véritablement l’âge des spectateurs de ces contenus. De même, le contrôle parental devrait être activé par défaut lorsqu'un abonnement téléphonique est souscrit pour le compte d’un mineur.