Sony sanctionnée pour monopole sur les manettes de PS4






20 Décembre 2023

La PS4 de Sony, une console de 8ème génération lancée en 2013, a rapidement dominé le marché avec sa manette DualShock 4. Cependant, ce succès a été terni par des pratiques controversées. Sony a établi un monopole sur les manettes PS4, en produisant non seulement les siennes mais aussi en contrôlant celles fabriquées sous licence. Les manettes tierces, sans licence officielle, se sont retrouvées marginalisées.


L’Autorité de la Concurrence sanctionne Sony

L'Autorité de la concurrence a expliqué, le 20 décembre 2023, quelles étaient les deux pratiques anticoncurrentielles majeures de Sony. Premièrement, des contre-mesures techniques ont été mises en place dès 2015, sous couvert de lutte contre la contrefaçon. Ces mesures ont entraîné la déconnexion des manettes tierces lors des mises à jour de la PS4, nuisant à leur fonctionnement et à la réputation des fabricants tiers. « Si l’Autorité souligne la légitimité de l’objectif de lutte contre la contrefaçon, elle relève cependant que de telles mesures étaient disproportionnées, puisqu’elles affectaient indistinctement l’ensemble des manettes « hors licence » », écrit l’Autorité dans son communiqué de presse.

Deuxièmement, Sony a adopté une politique d'octroi de licences opaque pour son programme OLP (Official Licensed Product), rendant difficile, voire impossible, pour les concurrents d'obtenir une licence officielle et les numéros d'identification nécessaires pour éviter ces déconnexions.

Une plainte contre Sony et une sanction de plus de 10 millions d’euros

Suite à une plainte du fabricant français Subsonic, l'Autorité de la concurrence a enquêté sur ces pratiques. Elle a conclu que Sony avait abusé de sa position dominante entre novembre 2015 et avril 2020, affectant gravement les entreprises concurrentes. En conséquence, Sony a été condamnée le 20 décembre 2023 à une amende de 13,53 millions d'euros, sanctionnant plusieurs entités du groupe, dont Sony Interactive Entertainment France et Sony Group Corporation.

« L’Autorité retient que la combinaison de ces deux pratiques a significativement nui à l’image de marque des fabricants tiers affectés, tant vis-à-vis des joueurs que vis-à-vis des distributeurs, freinant leur expansion sur le marché et conduisant à leur possible éviction. »