Arabie saoudite : l’Amérique de Trump bat en retraite

Les États-Unis ordonnent le retrait de leur personnel diplomatique non-essentiel d’Arabie saoudite après l’intensification des attaques houthies. Parallèlement, Washington réduit discrètement sa présence militaire au Moyen-Orient tout en négociant secrètement un cessez-le-feu avec l’Iran.

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Le Département d’État ordonne le retrait de son personnel non-essentiel d’Arabie saoudite : derrière l’euphémisme bureaucratique, c’est l’image d’une Amérique en repli qui se dessine. Tandis que les rebelles houthis intensifient leurs frappes contre les infrastructures civiles saoudiennes, Washington préfère évacuer plutôt que protéger. L’attaque du 22 octobre contre l’aéroport King Fahd à Dammam, qui a tué au moins une personne et blessé huit autres, a précipité la décision. Parallèlement, l’armée américaine réduit discrètement sa présence sur plusieurs bases du Moyen-Orient, confirmant un désengagement stratégique que l’administration Trump refuse d’assumer publiquement.

L’aveu d’impuissance : Washington se replie face aux Houthis

La décision du Département d’État intervient après des semaines d’escalade. Les Houthis, soutenus par Téhéran, ont démontré une capacité opérationnelle inquiétante. Au moins sept drones ont été interceptés lors de la seule journée du 22 octobre. Tommy Pigott, porte-parole du Département d’État, justifie le retrait en invoquant les « hostilités croissantes des Houthis soutenus par l’Iran contre l’Arabie saoudite, incluant des attaques contre des aéroports civils et d’autres infrastructures critiques causant des victimes civiles et de graves perturbations du trafic aérien ». Traduction : Washington ne peut plus garantir la sécurité de ses ressortissants.

Depuis juin 2026, les alertes se multipliaient. En septembre, un missile balistique houthi visait déjà Riyad. Début octobre, l’aéroport King Khalid subissait une attaque faisant 13 morts et des centaines de blessés. Les grandes compagnies aériennes, Lufthansa et Air France en tête, ont annulé leurs vols vers le royaume jusqu’à mi-novembre. Pourtant, l’Arabie saoudite réclamait un soutien militaire américain accru, notamment des frappes directes contre les positions houthies au Yémen. Réponse de Washington : le repli. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain (CENTCOM), refuse de commenter : « Nous déplaçons régulièrement les militaires américains pour optimiser la préparation opérationnelle. Nous ne discutons pas des mouvements pour des raisons de sécurité opérationnelle. »

Le 22 octobre, les débris d’un drone intercepté ciblant le champ pétrolier de Shaybah ont tué deux travailleurs expatriés, un Philippin et un Népalais, et en ont blessé deux autres. Shaybah, installation stratégique située à la frontière avec les Émirats arabes unis, produit près de 800 000 barils par jour. Les Houthis visent désormais le cœur énergétique du royaume, menaçant la stabilité des marchés mondiaux. Pourtant, aucune riposte américaine ne se profile. L’administration Trump, qui avait fait de la « pression maximale » sur l’Iran son étendard, se révèle incapable de protéger les infrastructures d’un allié historique. Le Guardian rapporte que plusieurs ambassades américaines au Moyen-Orient ont adopté un statut d’opérations restreintes, introduit en août 2026, permettant une réduction des effectifs sans suspension complète.

Trump négocie en secret avec l’Iran pendant que Riyad saigne

Pendant que l’Arabie saoudite subit les assauts, Washington mène des négociations indirectes avec Téhéran sur une proposition de cessez-le-feu de sept jours. Trump avait initialement rejeté l’offre en septembre, qualifiant les conditions iraniennes d’inacceptables. Aujourd’hui, les discussions reprennent via des médiateurs.

Que signifie un cessez-le-feu de sept jours quand les Houthis frappent quotidiennement ? CNN Politics révèle que les discussions portent sur un gel temporaire des hostilités, sans garantie de désarmement houthi ni d’arrêt du soutien iranien. Pour Riyad, c’est une trahison. L’Arabie saoudite, qui a investi des milliards dans la défense antimissile américaine, découvre que Washington préfère négocier avec Téhéran plutôt que défendre ses intérêts. La proposition iranienne inclurait des concessions américaines sur les sanctions économiques, confirmant que Trump privilégie l’apaisement avec l’Iran au détriment de la solidarité avec le royaume.

Face au désengagement américain, le Royaume-Uni et l’Égypte réagissent. Londres a annoncé le déploiement de chasseurs pour défendre l’Arabie saoudite contre les attaques houthies. Le Caire a promis un soutien total à Riyad. L’ironie est cruelle : les alliés européens et arabes assument la responsabilité que Washington abandonne.

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