Présidentielle 2027 : ce que prévoit Anasse Kazib pour la France

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Anasse Kazib, Décembre 2021
PabloMorao27 Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 Anasse Kazib, décembre 2021 | www.nlto.fr

SMIC à 2 000 euros, retraite à 60 ans, expropriation de secteurs stratégiques, régularisation des travailleurs sans papiers, fermeture des bases militaires françaises et abolition de la présidence de la Ve République : Anasse Kazib porte pour 2027 un projet de rupture assumé. Soutenu par Révolution permanente, le cheminot et syndicaliste entend utiliser la campagne présidentielle pour porter la voix de la « nouvelle classe ouvrière » et défendre une transformation radicale du système économique et politique.

SMIC à 2 000 euros et retraite à 60 ans : une rupture sociale assumée

Anasse Kazib a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle le 1er juin 2026. Soutenu par Révolution permanente, le cheminot et syndicaliste SUD Rail se présente pour « faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière ». Il avait déjà tenté de participer à l’élection présidentielle de 2022 mais n’avait pas réussi à obtenir les 500 parrainages nécessaires. Cette question reste donc un obstacle déterminant pour sa candidature de 2027.

Le volet social constitue l’un des principaux piliers de ses orientations. Anasse Kazib défend un SMIC à 2 000 euros, qui serait indexé sur l’inflation. Il propose également le retour de l’âge de départ à la retraite à 60 ans et à 55 ans pour les métiers pénibles, sans condition de durée de cotisation. Ces mesures s’inscrivent dans une ligne politique revendiquant une amélioration importante des conditions matérielles des travailleurs plutôt qu’une adaptation progressive du système social existant.

Le candidat soutient parallèlement un financement massif des services publics. Ceux-ci seraient placés sous le contrôle des travailleurs. Sur l’immigration, le projet comprend la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Ces différentes propositions dessinent un programme social centré sur le travail, les services publics et l’extension des droits sociaux. Il ne s’agit cependant pas d’un programme gouvernemental accompagné à ce stade d’un chiffrage détaillé : la fiche consacrée au candidat le présente explicitement comme un programme de rupture révolutionnaire.

Expropriations et industrie de l’armement : une transformation radicale de l’économie

Le projet d’Anasse Kazib ne se limite pas à une augmentation des prestations ou des rémunérations. Il remet directement en cause la propriété privée dans certains secteurs considérés comme stratégiques. Le candidat défend ainsi l’expropriation sans indemnité des secteurs stratégiques, en commençant par l’énergie et la santé. Cette orientation constitue l’une des différences majeures entre sa candidature et celles qui proposent essentiellement d’agir par la fiscalité, la réglementation ou la dépense publique.

La question de la dette publique est abordée selon la même logique de rupture. Les orientations recensées rejettent les mécanismes de dette publique et d’austérité lorsqu’ils sont utilisés comme cadre des politiques sociales. Le projet ne cherche donc pas prioritairement à adapter les dépenses sociales aux contraintes budgétaires existantes. Il conteste plus fondamentalement le cadre économique dans lequel ces arbitrages sont habituellement réalisés.

Anasse Kazib défend également le démantèlement de l’industrie de l’armement et sa reconversion. Cette proposition est cohérente avec la dimension anti-impérialiste de son projet. Là encore, la rupture proposée dépasse largement une modification des dépenses militaires ou des programmes d’équipement : elle concerne l’existence même d’une industrie consacrée à la production d’armements. La fiche disponible ne fournit toutefois pas de plan économique détaillé permettant de préciser les modalités, le calendrier ou le financement d’une telle reconversion.

Ve République, bases militaires et élections : changer le système plutôt que le gérer

La rupture défendue par Anasse Kazib concerne également la politique internationale. Le candidat porte une ligne explicitement anti-impérialiste comprenant la fermeture des bases militaires françaises et le retrait des troupes françaises. Cette orientation accompagne son projet de démantèlement et de reconversion de l’industrie de l’armement. Elle inscrit ainsi les questions militaires et internationales dans une critique plus générale de la politique extérieure française.

Sur le terrain institutionnel, Anasse Kazib souhaite abolir la présidence de la Ve République et les pouvoirs personnels qui lui sont associés. La critique ne porte donc pas seulement sur l’action du président en exercice ou sur l’équilibre ponctuel entre l’Élysée et le Parlement. C’est le principe même de la fonction présidentielle telle qu’elle existe sous la Ve République qui est remis en question dans les orientations actuellement présentées.

Cette conception explique également la place particulière accordée à l’élection présidentielle dans la stratégie d’Anasse Kazib. Sa candidature est présentée moins comme une voie classique de conquête du pouvoir que comme une tribune destinée à soutenir les mobilisations sociales. La grève et les mouvements sociaux occupent une place centrale dans cette stratégie. Révolution permanente rejette parallèlement les primaires et les alliances électorales de la gauche de gouvernement. Anasse Kazib ne participe ainsi à aucune des primaires organisées à gauche pour 2027.

Cette position le conduit également à se distinguer d’autres forces situées à gauche. La stratégie institutionnelle de La France insoumise est critiquée pour sa recherche supposée de compromis avec les intérêts capitalistes. Révolution permanente critique également Lutte ouvrière, dont elle juge le champ d’intervention trop étroit. La candidature Kazib cherche ainsi à occuper un espace politique révolutionnaire autonome, extérieur aussi bien à la gauche de gouvernement qu’aux stratégies électorales des principales organisations de gauche radicale.

À ce stade, il faut néanmoins distinguer les orientations politiques d’un programme présidentiel détaillé. Les propositions recensées permettent d’identifier clairement la direction voulue par Anasse Kazib : hausse importante du salaire minimum, retraite plus précoce, renforcement des services publics, régularisation des travailleurs sans papiers, expropriation de secteurs stratégiques, reconversion de l’industrie de l’armement, retrait des forces françaises à l’étranger et abolition de la présidence de la Ve République. Mais la source disponible ne présente pas un programme de gouvernement intégralement chiffré. La candidature assume d’ailleurs une autre fonction : faire de l’élection présidentielle une tribune au service d’un projet de transformation révolutionnaire.

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