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​Au Liban, une épidémie de braquages frappe les agences bancaires



Journaliste pour VA Press. En savoir plus sur cet auteur




19 Septembre 2022

Alors que la faillite du secteur bancaire du pays empêche les déposants libanais d’avoir accès à leurs économies, des braquages se multiplient par des personnes désespérées qui ne demandent qu’à récupérer leurs propres économies.


Creative Commons - Pixabay
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Ils braquent avec une arme oui, mais ne volent pas. « Cinq actions coups de poing ont été menées par des déposants, vendredi 16 septembre, contre des banques, à Beyrouth et dans d’autres localités libanaises. Muni d’une arme factice, d’un véritable revolver ou d’un fusil de chasse, chacun de ces clients a fait irruption dans son agence bancaire pour réclamer son propre argent. Cette série de braquages est de mauvais augure pour les dirigeants politiques et financiers, qui parient, afin de sortir leur épingle du jeu de la gravissime crise au Liban, sur la prostration d’une population épuisée et inquiète d’un chaos généralisé » rapporte Le Monde.

Depuis bientôt trois ans, les épargnants libanais sont au pied du mur. Dans l’incapacité de récupérer leurs économies, ils voient la devise locale dévisser. Elle est passée en l’espace de quelques mois de 1 500 Livres libanaise le dollar à autour de 30 000 Livres libanaises sur le marché noir. « Les disputes verbales entre épargnants et employés de banque sont devenues régulières. Mais, jusqu’aux récents braquages, seuls deux Libanais avaient pris en otage les salariés, avec arme et bidon d’essence, pour exiger leurs fonds : l’un parce qu’il était endetté, l’autre pour soigner son père. Les banques du pays se barricadent derrière des panneaux de métal. Vendredi, elles ont dénoncé des « attaques répétées » et annoncé, en réaction, leur fermeture pour trois jours. Certaines ont averti leurs clients qu’ils devront désormais obtenir un rendez-vous pour accéder aux guichets » continue le quotidien.
Sans solution politique ou plan de relance annoncé, la population qui n’a pas accès à des fonds en devises étrangères vit une agonie sans fin. « Jusqu’à maintenant, les braquages insolites ont bénéficié de la sympathie d’une grande partie de la population. Mais des Libanais redoutent que leur épargne soit entièrement gelée si ces opérations se poursuivent. D’autres s’inquiètent d’une extension de l’insécurité : des fusillades, sans lien avec les banques, se sont récemment succédé » appuie le quotidien français.