Grève du 5 novembre : le grand mensonge des lycéens casseurs

Après une réunion infructueuse à Matignon le 21 octobre, Sophie Binet appelle à une grève générale le 5 novembre 2026. Mais derrière l’unité syndicale se cache une contradiction majeure : comment concilier les revendications lycéennes de rénovation des établissements avec les demandes salariales des travailleurs, alors que les premiers saccagent ce qu’ils réclament ?

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Grève du 5 novembre : le grand mensonge des lycéens casseurs © www.nlto.fr

Sophie Binet sort de Matignon en fulminant : « Aucune mesure, aucune réponse. » Mais pendant ce temps, les lycéens qui demandent la rénovation de leurs établissements les saccagent. Bienvenue dans l’univers kafkaïen de la mobilisation sociale française, où la contradiction n’est jamais un problème. Le 21 octobre, après 2h30 de réunion avec le gouvernement, la secrétaire générale de la CGT a annoncé une grève générale pour le 5 novembre 2026. Un appel qui mélange revendications lycéennes et exigences salariales, sans jamais interroger leur incompatibilité fondamentale.

L’absurdité logique : améliorer les locaux en les détruisant

Les images circulent depuis des jours. Vitres brisées, mobilier détruit, tags sur les murs. À Lyon, 200 commerces ont été endommagés lors des manifestations du 17 octobre. Dans plusieurs lycées français, les dégradations se comptent en dizaines de milliers d’euros. Pourtant, les mêmes lycéens réclament des locaux rénovés, des équipements neufs, des espaces sécurisés. Comment justifier cette schizophrénie militante ? On détruit ce qu’on prétend vouloir améliorer. On vandalise puis on réclame l’argent public pour réparer.

La vérité dérange : pour une partie des manifestants lycéens, la revendication sociale sert de paravent au défouloir. Cassez d’abord, justifiez ensuite. L’amélioration des conditions d’étude n’est qu’un alibi commode pour légitimer des comportements irresponsables.

Les syndicats instrumentalisent la jeunesse pour leurs propres fins

Sophie Binet a beau fulminer contre l’absence de réponses gouvernementales, elle omet un détail crucial : les demandes qu’elle porte sont contradictoires. D’un côté, les travailleurs exigent plus de pouvoir d’achat, moins de prélèvements, des salaires nets augmentés. De l’autre, les lycéens réclament davantage de dépenses publiques pour rénover les établissements. Or, financer ces rénovations implique de maintenir, voire d’augmenter, les cotisations sociales et la fiscalité. Exactement ce qui réduit le pouvoir d’achat des salariés. La CGT refuse d’arbitrer entre ces priorités, préférant amalgamer toutes les colères dans un grand fourre-tout revendicatif.

« L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation. La grève doit prendre le relais à partir du 5 novembre », a martelé Sophie Binet. Mais cette unité de façade masque mal les fractures internes. La CFDT, représentée par Marylise Léon, réclame « des réponses sociales » sans s’engager totalement. La CFTC juge la réunion « très décevante » mais note une ouverture sur le Smic. Chaque syndicat défend son pré carré. À la SNCF, quatre syndicats appellent à la grève le 5 novembre, mais pour des raisons différentes. L’unité syndicale relève davantage du slogan que de la réalité.

Le vrai problème : deux demandes qui ne peuvent pas être satisfaites ensemble

Voici l’équation que Sophie Binet refuse de poser : chaque euro dépensé pour rénover un lycée est un euro prélevé sur le salaire d’un travailleur. Chaque augmentation du budget de l’Éducation nationale implique une hausse des prélèvements obligatoires, donc une baisse du pouvoir d’achat net. Les syndicats prétendent vouloir tout en même temps : plus de services publics et plus de salaires nets. C’est mathématiquement impossible sans explosion de la dette publique, déjà à 112% du PIB.

Sophie Binet accuse le gouvernement de n’avoir « annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications ». Mais que pouvait annoncer Matignon face à des demandes contradictoires ? Augmenter les dépenses publiques tout en baissant les prélèvements ? Financer des rénovations massives sans toucher aux salaires ? Le silence gouvernemental n’est pas de la surdité, c’est du réalisme budgétaire. Cyril Chabanier, président de la CFTC, reconnaît d’ailleurs que le gouvernement a « ouvert la porte à une discussion autour du Smic ». Une concession modeste, certes, mais qui témoigne d’une volonté de dialogue. La CGT, elle, préfère la rupture spectaculaire à la négociation patiente.

Sophie Binet affirme que « quand les travailleurs et les travailleuses s’arrêtent, le pays s’arrête ». Mais bloquer l’économie ne résout aucune contradiction budgétaire. La grève du 5 novembre sera un test : les Français suivront-ils un mouvement qui refuse de choisir entre ses priorités ? Ou comprendront-ils que les lycéens qui cassent leurs établissements avant de réclamer leur rénovation incarnent parfaitement l’imposture de cette mobilisation ? Emmanuel Macron est accusé par Sophie Binet de « souffler sur les braises » depuis dix ans. Mais qui attise vraiment le feu : celui qui refuse de promettre l’impossible, ou ceux qui mélangent tout pour mieux masquer leurs incohérences ?

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